Sunday, October 01, 2006

Là-haut...


Là-haut...
Je m'avançais timidement au delà de cette porte, frontière physique séparant le monde tel que nous le connaissions et cette terre vierge, construit par la main de l'homme mais pourtant depuis longtemps orpheline, délaissée de son créateur. A la fois craintif et curieux, je m'en allais tâtonner dans les recoins de cette pièce inexplorée.
Une fois entré, envahi par cette odeur si particulière, je scrutais avec attention la géographie interne de cette caverne, aidé par la timide lumière que projetait cette vieille ampoule accrochée au mur sans âge. Je me sentais un invité distingué en ces lieux, elle qui n'avait pas eu de visites depuis tant d'années. Elle m'accueillait confortablement en son antre et de ce fait je m'y sentais comme dans les bras d'une mère me protégeant de l'extérieur, me mettant à l'abri de leur regard dans cette douceur, cette tendresse toute affective. A ma gauche, une sombre galerie partait et semblait s'enfoncer au loin dans les entrailles de ma chère maison. J'étais tellement fasciné par ce corridor, qui semblait infini de par la pénombre qui y régnait, que je pouvais rester des heures sans bouger, à contempler ce frissonnant spectacle. Puis m'armant de courage et d'intrépidité, je m’avançai dans cette galerie, ce trou béant vers le nouveau monde.
Et là tout à coup je me retrouvais dans une chambre emplie d'une lumière d'un bleu tamisée qui venait dont ne sait où, comme si elle émanait de chaque élément de la chambre, donnant ainsi une texture monotone à la pièce, texture à la fois bucolique et solennelle. Au milieu de la chambre se trouvait un lit aux allures généreuses, à la fois confortable et trop grand pour ma seule personne. Sereinement, je m'avança et me mis sur ce lit, trône de ce royaume oublié, regardant avec émerveillement les voiles accrochés à ce qui me semblait être une fenêtre, voiles qui flottaient majestueusement dans l'air confiné de cette mystérieuse chambre.
De cet instant, mes souvenirs s'évanouissent, l'image s'obscurcit peu à peu, le floue se déversant en mon esprit tel un liquide se répandant sur un tableau dont la peinture n'est pas encore sèche, dissolvant dans des tourbillons colorés formes et sens.
Songes vagues et mélancoliques...
* * * * * * *

Souvenirs d'enfance, tendres et naïfs, d'une pièce "terrifiante" de mon ancienne demeure...

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