Friday, October 13, 2006

Littérature VS Philosophie !

Comment différencier la philosophie de la littérature ? la philo n’étant au final qu’une sorte d’expression écrite « bizarre », douteuse dirons, oserons certains :-).
Let’s the post start…

Le semblant de raisonnement qui va suivre va se faire à l’aide de deux notions aux dénominations barbares et néologiques (oui je viens de les inventer vite fait là ce soir…) : la ‘pro-spective’ et la ‘pre-spective’ (‘pre-’ : « avant » / ‘pro-’ : « après »).
Termes exotiques certes (j’ai rien trouvé de mieux…), mais je les emploierais juste pour qu’il n’y est rien sur quoi notre esprit puisse se rattacher, se reposer de déjà-entendu. Mais bon rentrons plutôt dans le vif du sujet. Le développement qui va suivre prend le parti de décrire la littérature et la philosophie d’un point de vue qui n’est sans doute que le mien et cloisonne ces 2 domaines à un ensemble plus petit que leur possibilité semble conférer, mais bon, c’est fait exprès je vous le dis tout de suite, qu’il faut bien essayer de dire quelque chose et ne pas s’empêtrer éternellement dans un « relativisme » tiède et fade moi j’dis.


So pour moi la « quintessence » de la littérature (peut être un fort comme formulation mais bon…), fin la littérature intéressante à mon sens est cette littérature qui couche sur le papier ces instants particuliers qu’on a pu vivre, et ainsi tente de faire renaître, à la lecture, du déjà-vécu ; cette littérature qui évoque le souvenir et essaye/parvient à nous faire revivre. Voilà le sens de ‘pre-spective’. La littérature, fin cette littérature que je traite et ne ferait que traitait ici sous ce vocable, est de l’ordre de la ‘pre-spective’ ; cette littérature qui croque précisément ces détails infimes qui, mis bout à bout un à un, constituent, reconstituent ces instants vécus qui se sont gravés il fut un temps dans notre chair.
Décrire son désespoir quand on est en proie à la déréliction ou décrire le tendre visage d’une femme qui nous regarde avec ses yeux amoureux, notre ressenti quand nous la serrons fort contre notre poitrine et nous enivrons du parfum de son corps ou encore un de nos voyages psychédéliques dans le royaume onirique de nos songes à moitié conscient voilà ce que peut être, ce qu’est cette littérature ‘pre-spective’. (Je ne sais pas si certains auteurs ou hommes de pensée ont ou ont eu cette vision ? Qu’est-ce que ça te dit Mathieu ?)

Concernant la philo maintenant, ne voyons en elle son intérêt que dans ‘l’éthique’, le discours sur le comportement (ethos : comportement, et non mœurs comme pour la ‘morale’, deux notions donc a priori totalement différentes), l’orientation à choisir dans sa vie faite de chair et de sang. Cette idée que la quintessence et l’intérêt de la philo se trouvent dans l’éthique était quasi unanimement partagée dans l’antiquité, nous dit-on.
La philo (fin la philo dont je parle ici quoi…) traite aussi du ‘vivre’, de sa description mais cela toujours d’un point ‘éthique’ c'est-à-dire qu’elle en parle seulement pour les perspectives d’un ‘vivre’ à venir, d’une orientation pour un futur. La philosophie est donc ‘pro-spective’ traitant d’orientation à prendre et de perspectives futures.

Un point qu’on pourrait rajouter dans ce bref « essai », point qui prend appuie sur la forme de ces deux domaines du langage est que la philo est plus désincarnée, moins « contenue dans la vie » du fait que sa rédaction n’a pas de fil narratif, ce qui nous empêche de nous « laisser emporter » dans une description qu’on croit se dérouler devant nos yeux, comme si on s’y croirait, chose possible en littérature, et même caractéristique dans le domaine de la ‘pre-spective’ (c’est un peu son but quoi…). Le fil narratif différencie la forme des deux accusés donc et tout ce qui s’y rattache (littérature, forme d’expression plus « organique », plus sensuelle…).
Concernant l’effet, « l’effectivité » de ces notions de ‘pre-spective’ et de ‘pro-spective’, on voit que la ‘pre-spective’ nous connecte au « passé », nous le fait ressurgir possiblement dans toute splendeur en réactualisant dans le présent (ici et là…) ces bribes de souvenirs ancrés en nous (une réactualisation du « passé », du déjà-vécu donc) alors que la ‘pro-spective’, elle, nous prend du présent avec notre bagage de significations accumulées au cours de notre expérience passée pour nous permettre un changement d’orientation dans un « à-venir », une certaine réactualisation donc du passé et surtout du présent vers l’à-venir. Le côté « vitalité », « élan vers le vivre » est donc bien moins tranché ici que dans la réflexion menée sur la forme et l’impression qui en découle.


En conclusion, on pourrait donc dire que la ‘pro-spective’ (la philo donc) « travaille » sur l’orientation à-venir et réactualise nos possibilités alors que la ‘pre-spective’ (la littérature si on en croit ce que je dis et surtout la limite à la ‘pre-spective’…) « travaille » sur la réactualisation du passé, défunts instants, dans le présent. Ces deux matières sont donc intéressants pour nous mais à leur sauce, ne nous apportant pas la même chose, le même aliment à manger (vieille image bizarre qui me vient là… ;-].

Voilà la chose, jeunes gens… Après que pensez vous de cette pensée déposée là devant vos yeux ? Cette pensée est-elle opportune ou trop pas en fait ? Qu’elle est votre dire sur ce sujet ?



Sinon en guise de perspectives de pensée, je voulais vous parler dans ce générique de fin d’une autre forme d’expression faite de lettres et de sons si on la voit sous forme orale, forme d’expression que j’appellerais ‘l’allégorie initiatique’. Ce serait un style mélangeant ‘pro-spective’ et ‘pre-spective’, narrant de la philosophie sous forme de littérature (de courtes nouvelles ça me parait pas mal, enfin bref…), une allégorie, métaphore filée contenue dans l’intégralité d’un texte pour décrire narrativement (donc a priori nécessité d’une description d’une philo ayant une suite temporelle) les orientations choisies dans notre déjà-vécu.
Fin voilà un style mélangeant ces deux notions que j’ai tentées de vous décrire dans ce post peut être un peu sibyllin (pythique quoi…)… style dont je ne « maîtrise » pas et ne vois pas assez les contours, même si j’y songe depuis pas mal de temps maintenant, pour le décrire correctement ici, maintenant…

~The End~


[XIV.X Anno MMVI]


PS : Une précision sur la philo, qui c’est vrai n’est pas forcément très clair à la lecture : l’éthique (discours sur le comportement) n’est pas nécessairement à comprendre comme un ensemble de « règles de vie » qu’il faudrait scrupuleusement suivre, une sorte de « 10 commandements » potentiellement personnel. Ce type d’éthique figé, peut être pas terrible au final, n’est qu’une possibilité parmi tant d’autre…

Sunday, October 01, 2006

Là-haut...


Là-haut...
Je m'avançais timidement au delà de cette porte, frontière physique séparant le monde tel que nous le connaissions et cette terre vierge, construit par la main de l'homme mais pourtant depuis longtemps orpheline, délaissée de son créateur. A la fois craintif et curieux, je m'en allais tâtonner dans les recoins de cette pièce inexplorée.
Une fois entré, envahi par cette odeur si particulière, je scrutais avec attention la géographie interne de cette caverne, aidé par la timide lumière que projetait cette vieille ampoule accrochée au mur sans âge. Je me sentais un invité distingué en ces lieux, elle qui n'avait pas eu de visites depuis tant d'années. Elle m'accueillait confortablement en son antre et de ce fait je m'y sentais comme dans les bras d'une mère me protégeant de l'extérieur, me mettant à l'abri de leur regard dans cette douceur, cette tendresse toute affective. A ma gauche, une sombre galerie partait et semblait s'enfoncer au loin dans les entrailles de ma chère maison. J'étais tellement fasciné par ce corridor, qui semblait infini de par la pénombre qui y régnait, que je pouvais rester des heures sans bouger, à contempler ce frissonnant spectacle. Puis m'armant de courage et d'intrépidité, je m’avançai dans cette galerie, ce trou béant vers le nouveau monde.
Et là tout à coup je me retrouvais dans une chambre emplie d'une lumière d'un bleu tamisée qui venait dont ne sait où, comme si elle émanait de chaque élément de la chambre, donnant ainsi une texture monotone à la pièce, texture à la fois bucolique et solennelle. Au milieu de la chambre se trouvait un lit aux allures généreuses, à la fois confortable et trop grand pour ma seule personne. Sereinement, je m'avança et me mis sur ce lit, trône de ce royaume oublié, regardant avec émerveillement les voiles accrochés à ce qui me semblait être une fenêtre, voiles qui flottaient majestueusement dans l'air confiné de cette mystérieuse chambre.
De cet instant, mes souvenirs s'évanouissent, l'image s'obscurcit peu à peu, le floue se déversant en mon esprit tel un liquide se répandant sur un tableau dont la peinture n'est pas encore sèche, dissolvant dans des tourbillons colorés formes et sens.
Songes vagues et mélancoliques...
* * * * * * *

Souvenirs d'enfance, tendres et naïfs, d'une pièce "terrifiante" de mon ancienne demeure...